Découvrir le métier de facteur d'orgues

 

Depuis 35 ans, la famille Thomas à Ster vit avec le Roi des instruments

 

Amateurs d'orgues, mélomanes ou simples curieux, l'occasion a été belle, à la mi-août, de découvrir un métier bien ancré dans la tradition, dans les gestes et les techniques du passé malgré l'apport de l'outillage moderne : la facture d'orgues. L'une des deux plus importantes manufactures d'orgues que compte notre pays, la manufacture Thomas à Ster-Francorchamps, près de Spa, a ouvert son atelier et dévoilé au public les différents stades de la construction d'un orgue.

 

Cela fait trente-cinq années qu'André Thomas, ébéniste de formation, a créé, en son village natal de Ster, son propre atelier. Il avait travaillé, auparavant et sept années durant, chez un organier de la région.  Pouvait-il imaginer qu'à deux pas du célèbre circuit de Francorchamps, en pleine campagne, partagée entre les Fagnes et les Ardennes toutes proches, il mettait sur pied une entreprise qui, aujourd'hui, a atteint une grande notoriété chez les spécialistes et ce, au delà de nos frontières belges ?

 

Entreprise à caractère familial, comptant en son sein trois de ses fils, Dominique, Damien et Samuel, mais aussi voici peu un frère et un beau-frère, la manufacture employe pas moins de treize personnes. Un staff bien nécessaire puisque le métier de facteur d'orgues fait appel à des notions propres à différentes professions. Ainsi, pour construire cet instrument plus que bimillénaire, considéré comme le "Roi des instruments", il faut de bonnes connaissances en ébénisterie, une parfaite connaissance des bois, des différentes espèces, savoir travailler le cuir et la peau, fabriquer des tuyaux dont il faudra savamment doser les composantes d'étain et de plomb, dessiner... mais aussi harmoniser l'instrument, sculpter certains des éléments du buffet, travailler la mécanique...

 

La manufacture de Ster réalise ainsi tous les stades de la construction ou de la restauration d'un orgue : claviers, buffets, sculptures, sommiers, soufflets, mécaniques, tuyaux en bois et en étain, harmonisation...

 

En 35 années d'existence, des ateliers de Ster-Francorchamps, sont sortis 109 instruments neufs, inspirés d'instruments anciens. Instruments que l'on peut trouver à Spa, Leffe, Lessines, Liège, Blois en France, Kettenis, Villers-la-Ville... La manufacture s'intéresse également à la restauration des instruments anciens dont ces derniers en date : Eglise St Sébastien à Stavelot, Eglise ND du Finistère à Bruxelles et actuellement, visible dans l'atelier et lors des portes ouvertes, les orgues de la Basilique de Tongres, forts de 45 jeux, 3 083 tuyaux et quatre claviers.

 

Le public a découvert les derniers travaux de la manufacture et cet instrument dont la reconstruction va demander 17 000 heures de travail. Datant des années 1750-1753, cet orgue, construit par Le Picard, a été fortement mutilé en 1946 et électrisé. Les organiers de Ster vont le reconstruire en le restituant dans son esprit liégeois du 18e siècle.

 

La porte ouverte a permis de découvrir le travail minutieux de ces artisans de la musique et certains instruments neufs actuellement en cours de construction dont un destiné au Monastère ND d'Hurtebise à Saint-Hubert.

Ce rendez-vous a aussi été l'occasion d’une autre découverte : un disque enregistré sur différents orgues construits par la manufacture Thomas.

                                                                                                                                

Dominique Coune

 

Photo : la pochette du CD sorti chez Ricercar

 

Nous contacter : mailto:musique@pi.be

 

 

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