Les premiers instruments et les premières bagarres





Le jeune organier revient chez ses parents à Ixelles. En 1967, le pasteur de l'église anglicane a le projet de doter son église d'un nouvel instrument. Tout naturellement, il confie cette étude à Patrick Collon qui saisit l'opportunité de construire son premier instrument, "quelque chose d'assez neuf pour l'époque : un plenum sur un seul clavier avec mécanique suspendue et pédale accrochée.".

Sa voie est ainsi tracée. L'instrument connait un certain succès et sera suivi de commandes. Il pourra quitter le garage de Schaerbeek, qui avait succédé au grenier de ses parents à Ixelles, pour s'installer à Laeken, d'abord près du Heysel ensuite au canal.

"J'ai commencé avec des instruments neufs ; assez rapidement, on me confia la restauration de l'orgue Dreymann de la Chapelle royale. L'instrument était muet mais de facture magnifique. Il existait de grands projets de transformation mais je m'y suis opposé, heureusement soutenu par le Pasteur et par Jean Rotthier, l'organiste des Carmes. J'ai eu quelques belles bagarres avec les "experts" de l'époque car l'esthétique de l'instrument n'était pas du tout ce que l'on prônait à l'époque. Maintenant, on m'aurait applaudi des deux mains. Ce travail m'a beaucoup appris et avant tout le respect de l'instrument historique." insiste Patrick Collon.

25 ans ont passé depuis ces premières bagarres. D'autres avec lui ont partagé ce souci du respect du travail original, d'authenticité, de recherche historique. Aujourd'hui, Patrick Collon est un organier comblé, se limitant aux instruments qu'il a envie de faire.


Suite : Esthétique méridionale



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