Luthiers parisiens du 18e siècle

Partez à la découverte des

 "Vieux Paris"

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guersanUn ouvrage sur les luthiers parisiens du 18e siècle riche en informations et en photographies


Guersan, Boquay, Salomon, Véron, Castagneri, Pierray, Renaudin, Ouvrard, Louvet, Bertrand... Ces luthiers actifs à Paris durant le 18e siècle n'auront plus aucun secret pour les amateurs de lutherie. Sous la plume de la musicologue Sylvette Milliot, ils reprennent vie dans un ouvrage publié, en ce début du mois de mai, par la maison d'édition "Les Amis de la Musique".

Voici deux ans déjà, Sylvette Milliot nous avait entrainé à la découverte d'une famille de luthiers parisiens presque méconnus et pourtant combien intéressants : la famille Chanot-Chardon. Elle ouvrait ainsi une série de quatre volumes dévolus à la seule lutherie pratiquée à Paris du 18e siècle à 1960. Son travail vient ainsi combler une lacune car jusqu'ici, la lutherie française faisait figure de parent pauvre dans la littérature consacrée à ce noble artisanat qu'est la facture instrumentale.

En 1970, Sylvette Milliot avait publié une étude sur les luthiers parisiens du XVIIIe siècle, sa thèse de doctorat. La publication qu'elle offre aujourd'hui à notre appétit musical et organologique est sans commune mesure avec la première publication. 27 ans ont passé et l'auteur a découvert d'autres documents, pour la plupart inédits et récemment retrouvés aux Archives nationales de France. Son nouveau travail est aussi axé sur une très riche iconographie : des instruments de musique conservés dans les musées instrumentaux et moult collectionneurs privés.
viole

Sylvette Milliot introduit son ouvrage par une explication du métier de luthier en ce "Siècle des Lumières" : règles qui le gouvernent, conditions et organisation du travail quotidien...

En ce XVIIIe siècle, vingt-cinq luthiers travaillent à Paris et Sylvette Milliot s'attache à décrire la vie et l'oeuvre de chacun : Nicolas Bertrand, Claude Pierray, Jacques Boquay... Ces trois noms dominent le début de ce siècle : "... en activité à la charnière de deux siècles au moment où vont entrer en compétition les familles des violons et des violes, vont se limiter à la production de ces seuls instruments. Ces trois luthiers jouèrent un rôle de premier plan dans l'histoire de la lutherie française car, tout en étant influencés par les instruments des Amati, ils se forgèrent un style original et personnel" explique Sylvette Milliot.

Le milieu du siècle voit fleurir les maîtres les plus représentatifs de l'esthétique des "Vieux Paris" : Guersan, Henry, Boivin, Gaffino, Castagneri...

Après la vie des luthiers, Sylvette Milliot s'intéresse à leurs instruments et là, on constate la diversité de leurs productions. "Exercer la lutherie au XVIIIe siècle ne se limite pas à la fabrication et la réparation des instruments du quatuor à cordes, comme de nos jours. Au contraire, le luthier de cette époque s'adonne à la création et la fabrication d'instruments de toutes sortes : violes de gambe, luths, guitares, vielles, pardessus de violes, violes d'amour, harpes..." écrit Sylvette Milliot.
Tête de viole

L'auteur retrace l'évolution des familles instrumentales et aborde un aspet non négligeable de la facture : le vernis. Un chapitre est entièrement consacré aux luthiers et à trois écoles définies par la spécialiste.

D'autres documents très intéressants terminent l'ouvrage : statuts du luthier en 1599 et 1749, liste des jurés de la communauté et inventaires complets des luthiers, tableau de l'évolution des prix des instruments concernés...

Les amateurs se réjouiront de la sortie de cet ouvrage riche en informations, souvent inédites, et en photographies. Voici en tout cas l'ouvrage le plus documenté et le plus illustré sur l'activité des luthiers parisiens durant le Siècle des Lumières !

Informations : (0032)(0)87 77 09 62 ou musique@pi.be

 


Les photos illustrent, par ordre d'apparition, un détail (ouïe) d'un violon de Pierre Véron datant de 1712, une viole d'amour de Jean-Nicolas Lambert (ca 1750) et une tête d'un pardessus de viole de François Lejeune (1755).


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