A 15 ans, elle pousse les portes du Conservatoire de Liège et remporte très rapidement le premier prix de solfège dans la classe de Désiré Duysens, d'harmonie auprès de Louis Lavoye et de piano dans la classe de Jeanne Maison.
"Dès cet âge, j'étais déjà déterminée à entamer une carrière dans la composition. J'ai écrit très jeune mes premières oeuvres et mon père s'écriait souvent : C'est trop tragique ce que tu écris ! Curieusement, dès mes débuts dans la composition, je voulais déjà écrire pour le théâtre. En effet, dans ma jeunesse, j'allais deux ou trois fois par semaine à l'Opéra de Liège et j'adorais cela."
Mariée à l'âge de dix-huit ans, cela ne l'empêche pas de parfaire son chemin dans la musique. En 1938, elle se voit attribuer, à l'unanimité et avec grande distinction, le premier prix de fugue et de contrepoint, appelé aussi le "Prix Marie" de la Ville de Liège. La même année, elle est chargée du cours d'harmonie pour le professeur Louis Lavoye et sera nommée professeur quelques années plus tard. Puis, tentée par le "Prix de Rome", elle s'y prépare avec Joseph Leroy puis avec Léon Jongen, directeur et professeur au Conservatoire de Bruxelles. C'est en 1943 qu'elle remporte ce fameux prix pour la cantate "La Navigation d'Ulysse", un évènement rare pour une femme à cette époque !
Après sa conquête du "Prix de Rome" vont se succéder autant de chefs-d'oeuvre dont le plus déterminant pour sa carrière sera l'opéra La Malibran op.29 composé de 1944 à 1946, créé à Liège en 1949 sous la baguette de M. Dorssers, chef d'orchestre du Théâtre royal de Liège. Son opéra Abigaïl dont le livret signé Nicolas de Sart et remanié par son fils Jean de Sart, retraçant la vie du célèbre peintre flamand Hugo van der Goes, va charmer les oreilles du directeur de l'Opéra de Gand qui fera traduire le livret en néerlandais et programmera l'oeuvre une dizaine de fois ! Bien d'autres oeuvres trouveront un accueil aussi étonnant qu'inattendu à l'Opéra de Gand dont les ballets Un jour de vacances et Sous le chapiteau. Son opéra Spoutnik op.82 écrit en 1959 sur un livret de Clément Morraye sera à l'affiche à Gand sous trois directeurs successifs.
De 1949 à 1964, Berthe di Vito-Delvaux habite la ville d'Hasselt où, en 1952, le prix de composition de la province du Limbourg lui est attribué. Elle regagne ensuite la Cité ardente pour ne plus la quitter.
En 1962, la SABAM lui décerne le prix "André-Modeste Grétry" pour l'ensemble de son oeuvre lyrique et en 1975-76, elle signe l'opéra comique Grétry op.137, écrit en dialecte liégeois par Joseph Schetter. A l'occasion du millénaire dela Principauté de Liège, elle sera également sollicitée pour écrire la musique de l'opéra Grétry ou les mémoires d'un solitaire d'après un livret de Marcelle Dambremont sur les paroles duquel Berthe di Vito, dans le respect scrupuleux des partitions originales, a retracé la carrière du grand musicien.
Si son terrain de prédilection a été le théâtre lyrique, Berthe di Vito-Delvaux a écrit également de la musique de scène dont L'Amant timide (1946), une dizaine de ballets dont cinq sur un scénario de Joseph Lazzini, une pièce lyrique pour enfants De kleine Pedro, op.55 en 1952 et de la musique originale médiévale avec la pièce de théâtre Spel van Munsterbilzen op.92 écrite en 1963.
Suite : Abondante production et indépendance
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